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o Dossier N#18 : Rhinites et tests allergiques : traitements actuels o

Auteurs : S. Guez (Bordeaux), Cl. André (Antony), C. Chène (Bordeaux), J. Percodani (Toulouse), M. Pitois (Bordeaux)

Ref. : Rev Laryngol Otol Rhinol. 2000;121,2:137-144.


Résumé : Editorial : L'allergie est en constante augmentation et semble devenir un problème de santé publique. Si les signes cliniques de la rhinite allergique sont bien connus, la place du bilan allergique et de la désensibilisation restent flous pour beaucoup de médecins non-allergologues. Le but de ce dossier est d'apporter une réponse à ces questions. La Revue de Laryngologie remercie les Laboratoires Aventis et Stallergènes pour leur aide dans la réalisation de ce dossier. Didier PORTMANN
INTRODUCTION : La rhinite allergique est une affection chronique extrêmement fréquente aussi bien chez l'adulte que chez l'enfant. Ainsi les données épidémiologiques récentes indiquent une prévalence en constante augmentation depuis 30 ans, estimée actuellement à 7 % chez les enfants, 15 % chez les adolescents et 31 % chez les adultes [1].
+ La banalité de cette affection ne doit cependant pas conduire à sous-estimer les difficultés que peut poser son diagnostic. Ainsi, si la pollinose est simple à reconnaître, il n'en va pas de même pour l'allergie perannuelle dont les symptômes sont peu différents des autres rhinites non allergiques. L'interrogatoire est un temps fondamental de l'examen clinique, cherchant à mettre en évidence la notion d'unité de lieu et de temps permettant d'identifier un ou plusieurs allergènes. Malheureusement, la chronicité va faire perdre ces données anamnestiques. Les aspects trompeurs de cette affection sont ainsi très nombreux et peuvent mettre à rude épreuve la sagacité de l'ORL comme le démontre l'article du Dr M. Pitois. Et il faut souvent réunir à la fois des compétences ORL (article de J. Percodani) et allergologiques (article de C. Chène) pour assurer une prise en charge globale de cette affection dans ses dimensions à la fois locale rhino-sinusienne et générale secondaire à la maladie atopique.
+ Le retentissement de cette affection parfois majeur, influe alors sur la qualité de vie du rhinitique, surtout dans les rhinites sévères, conduisant chez l'enfant à un absentéisme scolaire non négligeable et chez l'adulte à des arrêts de travail dont le coût social a pu être chiffré et est considérable [2]. Le praticien doit donc savoir non seulement reconnaître la rhinite allergique mais également en apprécier l'impact psycho-social qui n'est pas forcément corrélé aux signes macroscopiques de l'examen physique, et proposer un traitement qui doit être à la mesure non seulement de la gêne objective mais aussi de la gêne ressentie. L'arsenal thérapeutique à notre disposition s'est beaucoup développé ces dernières années, et les articles de J. Percodani, C. André et S. Guez permettront de trouver les éléments d'un choix thérapeutique raisonné garant d'une bonne efficacité et d'une bonne observance.
La rhinite allergique s'associe avec une grande fréquence à de l'asthme : elle est présente chez 78 % des asthmatiques, alors que 58 % des rhinitiques ont un asthme (ou du moins une hyper-réactivité bronchique) associée. On estime ainsi qu'un patient ayant une rhinite allergique a un risque 3 fois plus élevé de développer un asthme que la population générale [2]. Même si la physiopathologie de cette association reste discutée, de nombreux travaux ont prouvé l'effet bénéfique du traitement de la rhinite sur l'évolution de la maladie asthmatique [3]. Il faut donc toujours avoir présent à l'esprit la notion de ce continuum anatomo-physiologique entre le nez et les bronches, et demander une épreuve fonctionnelle respiratoire avec courbe débit-volume au moindre doute afin de traiter une composante bronchique démontrée. Cette relation nez/bronche est particulièrement vraie en pathologie allergique professionnelle où la rhinite précède souvent l'asthme et doit conduire à proposer rapidement une prise en charge thérapeutique active axée sur la prévention avant que la gravité de l'atteinte respiratoire ne conduise à un reclassement professionnel avec toutes ses conséquences financières et sociales parfois dramatiques.
1 La situation de l'enfant enfin est particulière car il faut se projeter dans le futur et ne pas se contenter d'un traitement seulement symptomatique qui n'empêchera pas le développement de nouvelles sensibilisations et l'apparition de nouvelles manifestations allergiques. Alors qu'au contraire un traitement curatif, en particulier l'immunothérapie spécifique ou désensibilisation, donnera toutes ses chances au futur adulte, en modifiant durablement sa réponse immunitaire aux agressions allergéniques (cf article de C. André).
La rhinite allergique est donc un sujet singulièrement plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord, passionnant de par le retentissement et les divers aspects que peut prendre cette affection, mais également par les possibilités thérapeutiques nombreuses et efficaces à notre disposition : tout ceci justifie s'il en était besoin ce dossier, qui intéressera aussi bien le spécialiste ORL, que l'Allergologue ou le Pneumologue. S. GUEZ

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